Chapitre 02 · Science-Fiction · Fantasy · 4 minutes
Chapitre 2
Ylos vient de franchir l'entrée d'un monument colossal, dont les rangées de colonnes se perdent dans l'obscurité.
Ylos progressait avec prudence dans le hall. Autour de lui, les lieux se dévoilaient peu à peu à la lueur des salamandres qui se dispersaient dans l’immense espace.

L’endroit qui apparut sous ses yeux était d’une élégante sobriété. L’architecture restait cependant perturbante : les formes des colonnes et de quelques ouvertures dans les murs paraissaient presque organiques.
Ylos poursuivit sa progression et remarqua que le silence du lieu était à peine troublé par sa présence. Des ouvertures dans le plafond expliquaient probablement la quasi-absence d’écho à ses pas. Plus troublante encore que le silence était l’absence du moindre indice sur la fonction du lieu ou sur ses anciens occupants.

Il explorait les lieux depuis plusieurs heures sans trouver la moindre trace de technologie, de mobilier ou d’art susceptible de lui apporter des réponses. C’est alors que l’absence totale de vie se rappela fortement à lui.
Pour quelqu’un comme Ylos, capable de lire et d’écrire le vivant, être privé d’organismes avec lesquels interagir donnait l’impression de vivre un cauchemar éveillé. Il était très rare de ne trouver aucune forme de vie, même dans les endroits les plus obscurs. Ici, le vivant semblait avoir entièrement déserté les lieux.

Perdu dans ses pensées, Ylos remarqua soudain une forme qui se dessinait à l’extrémité de son champ de vision. Elle semblait emplir tout l’espace, à tel point qu’il la prit d’abord pour un mur. D’un rapide sifflement, il redirigea les deux salamandres les plus proches vers elle.
À mesure que la forme se révélait, il distingua d’abord les racines fossilisées, enfouies dans le sol et entourant les colonnes voisines. Son regard remonta ensuite le long d’un large tronc à la surface striée, jusqu’à une canopée qui se perdait dans les voûtes du plafond à moitié ouvert.

Le corps et l’esprit d’Ylos se figèrent un instant.
— Un Arbre-Monde, murmura-t-il.
Il s’approcha et posa la main sur le tronc pour tenter une lecture. Rien ne se passa : son flux resta bloqué. Ylos se corrigea alors.
— Non. Plutôt le cadavre d’un Arbre-Monde.
Les Arbres-Mondes de la surface n’étaient donc pas les premiers. Ils existaient déjà avant la Grande Rupture.
Ylos garda un moment la main contre le tronc. Il ignorait encore ce qui avait tué l’arbre et fait disparaître toute vie autour de lui, mais il espérait que sa cause ne se trouvait plus en ces lieux.
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